Mario Merz

Né à Milan en 1925, il avait d’abord entrepris des études de medecine. La guerre entrave son élan et Mario Merz s’engage dans le groupe anti-fasciste justice et liberté.Il est incarceré en 1945 pour avoir distribué des tracts. En prison il dessine du matin au soir, sur tout et rien, sans jamais lever lamain du support choisi. Des sa liberation, il court retrouver dans les collines turinoises ce temps du dessinqu’il lie avec celui du signe qui court sur la feuille. L’herbe, le soleil, les parfums, et les bruits taient alors enregistrés comme par un sismographe par la pointe du crayon ; Mario Merz dessine "l’idée de l’herbe et des feuilles, l’idée du vent sur l’herbe et sur les feuilles". Le jeune homme s’engloutit pendant des mois dans cette écriture du sensible, quotidiennement entamé à l’aube et que la nuit achève. Mario Merz va, sa vie entière, créer les formes qui vont peupler l’espace qu’il invente à mesure. Igloos, fagots, tables, cones, et spirales, suites numériques et tubes de néon seront les motifs récurents de ces terres d’uutopies. Mario Merz batit des igloos de verre, de terre ou de plomb. Il les construit à grande échelle spectaculaire, ou tout petit, à l’instar du célèbre igloo de Giap, édifié en 1968 en pleine guerre du vietnam. Sous l’ouvre d’une citation en lettre de néon : "Si l’ennemi se concentre, il perd du terrain. S’il se disperse, il perd sa force." Puis, là, il rassemble quelques branchages parmi d’autres éléments, ailleurs ils envahissent tout l’environnement.Les tables de verre ou de pierre adoptent parfois, mais pas toujours, des dessins de spirale. Il leur arrive de porter des fruits ou des légumes. Quelquefois se sont des paquets de journaux invendus qui viennent symboliser les relations de l’artiste à la culture par un de ses matériaux les plux populaires. Les tubes de néons, comme le bois ou l’argile, releve de cette meme trivialité ; qu’ils se déroulent en écriture cursive ou transpercent comme des lances de lumières un vieil imperméable (impermeabile 1967) ou un igloo égualement équipé d’eau courante. Tous ces ingrédients peuvent etre réunis, mais fonctionnent le plus souvent de manière plus ou moin autonome. De nouvelles syntaxes apparaissent en écho aux questionnement de Duchamp sur le pourquoi de l’art, et singulièrement en Italie au "que faire de l’art aujourd’hui ?"du poéte Cesare Pavese. Les notions d’installation, d’environnement ou de performence, viennent alors culbuter la place des formes dans l’espace. Le vocabulaire de Mario Merz témoigne de la "pensée sauvage", qu’il ne va pas cesser de développer dans ses travaux. Ses materiaux fragiles et vitaux comme la nourriture, leurs agencements en divers abris précaires, ses animaux en liberté, ses dessins sur papiers calques disent plutot qu’une pauvreté de moyens, un monde ou s’abolissent les fontières entre l’art et la vie.