Le Dripping

Le dripping

La technique : Le dripping est une technique consistant à utiliser un ustensile trempé dans de la peinture pour la laisser ensuite couler sur la toile en un mince filet. L’artiste peut choisir toute sorte d’ustensile, le pinceau n’étant pas ici indispensable. Certains vont même jusqu’à percer le fond de leur pot de peinture.

Cette technique permet de créer des mouvements pendulaires. Le balancement du bras génère des sinuosités sur toute la surface de la toile. Les différentes couleurs se mélangent, coulant, se chevauchant, jouant les unes avec les autres. Cela permet à l’artiste d’augmenter son répertoire de geste et de résultats. Le pinceau en devient presque obsolète.

Jackson Pollock, Number 1, 1950 (Lavender Mist), 1950, National Gallery of Art, Ailsa Mellon Bruce Fund, 1976.37.1

Jackson Pollock fit partit du mouvement de l’expressionnisme abstrait. En effet, ses mouvements restent très sensibles et expressifs. L’art pour lui était une sorte de quête spirituelle. Alors que l’abstraction élimine le sujet figuré, Pollock cherche a retrouver une matière susceptible de le mener plus loin. Il va se confronter à la surface vide de la toile et y donner son propre sens. Le tableau devient individu a part entière et nous parle au delà de son créateur. Dès 1927 l’art lui permet de communiquer violemment ses émotions, d’exprimer son univers intérieur. Le dripping exerce sur lui une fonction libératrice et cathartique.

Jackson Pollock, utilisant le dripping

La technique du dripping me semble particulièrement intéressante pour son côté aléatoire. La peinture va pouvoir évoluer en dehors de nous et cette incertitude va créer la surprise. Ces toiles seront radicalement nouvelles, et la sensation plastique qui en découle, de même. Cependant, le public contemporain a Pollock a pu voir dans ses toiles une simple répétition permanente de la technique qu’il avait pu mettre au point. En effet, où nous conduit-il ? comment aurait-il pu aller plus loin ? Cette recette originale ne l’enferme t-il pas ?

A ces ambiguïtés, je devrais opposer qu’il reste le choix primordial de l’artiste. la direction que doit prendre notre ligne, la mobilité de notre outil, l’impulsion de notre corps restent des décisions qui nous sont propres, caractérisent à la fois ce que nous sommes et ce que nous ressentons au moment de peindre. La couleur, les formes, les espaces, les structures, évoluent en partie à leur manière en s’intégrant aux autres éléments picturaux, se fondant dans certains, en assombrissant d’autres ou en les recouvrant. Ce jeu de cacher et dévoiler est pour moi la preuve de l’existence du dialogue qui s’instaure entre l’artiste et son œuvre. Le dripping refuse le figuratifs. Les formes s’étendent a l’infini sans devoir reprendre les sujets classiques. L’abstraction qui résulte des gestes de Pollock est totale. Il est totalement libre de toutes les contraintes imposés par beaucoup de mouvements artistiques.

L’esthétique des toiles repose sur la fluidité des lignes, la sensibilité des couleurs et la fragilité et l’équilibre de l’espace. Les dimensions généralement imposantes de ses travaux arrête le spectateur, le subjugue. Leur présence est de ce fait indiscutable. On a l’impression de se trouver projeter dans le tableau qui nous englobe dans notre petitesse.

Cette sculpture fut recouverte de peinture en utilisant le dripping. On peut s’apercevoir que cette technique ne s’arrête pas seulement à des tableaux mais peut aussi toucher à d’autres formes d’art.