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Hamlet /GROUPE RICTUS / DAVID BOBEE . Mac Créteil

HAMLET NOUVELLE TRADUCTION PASCAL COLLIN MISE EN SCENE ET SCENOGRAPHIE DAVID BOBEE ME 24 > SA 27 NOVEMBRE

Mac de créteil

Le Hamlet de David Bobée se déroule dans un grand palais de carrelage noir.

Des murs froids, durs, brillants aux dimensions d’un palais : une chambre froide et une boîte noire, cérébrale, sans doute aussi l’intérieur d’un crâne, celui d’Hamlet.

Comme souvent dans son travail, David Bobée, par l’usage qu’il fait des vidéos projetées sur les murs, installe une densité toujours poignante. Le spectre du père en vidéo, provocateur, électrique, assourdissant va ouvrir le dialogue avec Hamlet.

Ce climat si saisissant tient au trouble face à ce corps putride celui du roi défunt, à la brutalité de ce que l’on devine des tiroirs de métal muraux, des tables de thanatopraxie, du désordre des sensations qu’elles procurent : y a t’il eu un carnage, s’est- il agi d’un banquet de mariage ? L’abîme est total.

En surplomb du plateau, évoluant sur un mât chinois, Hamlet, Pierre Cartonnet, acrobate circassien, va prendre de la hauteur, observer les vivants et questionner un monde déliquescent.

David Bobée invente un théâtre exigeant et populaire construit sur la diversité des genres : danse, lumières, musique post-rock, cirque, vidéo, fondé aussi sur une narration simple et multiple au service des mots de Shakespeare de leur cruauté en résonance directe avec la violence du XXI ème siècle.

Nouvelle traduction de Pascal Collin, Adaptation, mise en scène et scénographie de David Bobee. AVEC Hamlet Pierre Cartonnet, Gertrude Murielle Colvez, Claudius Jérôme Bidaux, Rosencrantz Clarisse Texier, Guildenstern DeLaVallet Bidiefono N’Kouka, Osric Mourad Boudaoud, Polonius Pascal Collin, Ophélie Abigaïl Green, Laërte James Joint, Horatio Arnaud Chéron, Fossoyeur Malone Jude Bayimissa, Roi de comédie Clément Delliaux de la compagnie de l’Oiseau-Mouche, Reine de comédie Caroline Leman de la compagnie de l’Oiseau-Mouche.

Chorégraphie David Bobee et DeLaVallet Bidiefono N’Kouka, Collaboration artistique et création lumière Stéphane Babi Aubert, Création musique Frédéric Deslias, Création vidéo José Gherrak, Création costumes Marie Meyer, Conception et construction du décor Salem Ben Belkacem - Ateliers Akelnom, Direction technique Thomas Turpin, Réalisation du cadavre Sylvie Ferry et Muriel Nicolle, Réglages des combats Arman Vossougi, Administration de production Corinne Radice, Logistique Sophie Colleu, Assistanat à la mise en scène David Guilet, Production Groupe Rictus / Cie David Bobee Coproduction Les Subsistances, Lyon. La scène nationale de Petit Quevilly / Mont Saint Aignan. L’Hippodrome, scène nationale de Douai. La Maison des Arts et de la Culture de Créteil. La scène nationale 61 de Alençon-Flers-Mortagne au Perche. La ville de Saint Quentin (Picardie). Le Manège, scène nationale de Maubeuge (résidence création vidéo). La Brèche, Centre Régional des Arts du Cirque de Basse-Normandie.

La compagnie Rictus est conventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC de Basse-Normandie et par le Conseil régional de Basse-Normandie, elle est soutenue par le Conseil général du Calvados (ODACC) et la ville de Caen. David Bobee et la compagnie Rictus sont artistes associés à l’Hippodrome, Scène nationale de Douai et en compagnonnage avec la Scène nationale de Petit Quevilly - Mont Saint Aignan.

David Bobee, pourquoi monte David monter Hamlet, ce n’est pas votre genre ?

C’est vrai que depuis dix ans je me suis plutôt opposé, dans la pratique, au théâtre de répertoire. Non sans rechercher en filigrane ce théâtre là, dont je suis grand lecteur et spectateur. Mais en tant que metteur en scène, je ne voulais pas me laisser dévorer par ce type de texte. Je crois qu’il est important de savoir d’abord qui l’on est, et d’où l’on parle, pour arriver à rassembler ses propres outils, avant d’entrer en dialogue avec des monstres sacrés comme Hamlet . Ces dix dernières années, j’ai donc travaillé sur des textes contemporains, avec la volonté de définir une esthétique, de cerner mes envies de théâtre. Et en matière de langage contemporain, d’écriture de plateau, j’ai l’impression d’avoir abouti quelque chose en faisant toujours un pas de côté . Un pas de côté vers la danse, un pas de côté vers la vidéo, un pas de côté vers les arts plastique s, vers le cirque... Aujourd’hui, faire un pas de côté vers un répertoire que je n’ai jamais pratiqué semble périlleux, donc tentant ! Et quitte à monter un texte, autant que ce soit le tex te des textes... Un texte monument, qui fait partie du patrimoine de l’humanité. Hamlet, donc.

Un texte "patrimoine de l’humanité", qu’est ce que ça change ?

Demandez à n’importe qui dans la rue de vous citer une pièce de théâtre, il y a toutes le s chances qu’ils vous réponde Hamlet ou Roméo et Juliette, qu’il brandisse un crâne imaginaire, qu’il déclame "être ou ne pas être".. . Du plus néophyte au plus expert, tout le monde a son idée d’Hamlet. Et j’aime ce t enracinement dans une culture commune, partagée . Tous mes spectacles sont traversé s par une imagerie publicitaire, cinématographique, musicale, par des éléments référencés. Hamlet a ce caractère référencé. Il ne s’agit donc pas seulement de raconter une histoire (puisque le plus grand nombre a la maîtrise de ladite histoire), mais aussi de se livrer à l’exercice de la lecture, de donner à lire ou relire un point de vue sur ce texte, sur se s personnages. Le dialogue qui existe entre le spectateur e t le metteur en scène sur l’histoire, et le dialogue qui existe entre le spectateur et l’acteur sur le personnage, m’intéressent beaucoup plus que le simple fait de raconter une histoire ou faire croire à un personnage. Hamlet permet cela. Et lorsque l’on monte un premier classique, il est rassurant de partir d’un socle commun !