Cy Tombly

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Cy Tombly

Cy Twombly est un artiste américain né en 1928 à Lexington (Virginie). En 1951 il étudie au Black Mountain Collège (lieu d’échange et de rencontre de l’avant-garde new yorkaise, il y découvre trois professeurs qui vont avoir une importance capitale dans la liberté, l’expression, l’aléatoire, la répétition dans son travail, à savoir : l’artiste Frank Kline, le compositeur John Cage, et le chorégraphe Merce Cuningham. Il y rencontre également Robert Motherwell et Charles Olson. Cy Twombly poursuit sa vie à Rome et sa carrière dans le monde entier, à commencer par Paris où a lieu sa première exposition en 1961 à la galerie J.

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untitled

Comme l’écrit Alfred Pacquement, « depuis un demi siècle, Twombly "écrit" la peinture. » Il est vrai que cela peut étonner car il n’est question dans son oeuvre que d’une écriture allusive, d’une grande liberté, de gribouillis, d’un mélange de dessin d’enfant et de griffonnages que l’on peut faire lorsque que l’on est au téléphone... D’après Twombly, l’essence de l’écriture n’est ni une forme, ni un usage. C’est seulement un geste, le geste qui produit l’essence de l’écriture en la laissant traîner : un brouillis, presque une salissure, une négligence.

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untitled 1968

L’enfant s’applique à faire ses lettres, à sortir son écriture du fouillis pour entrer dans les codes adultes. Twombly ,lui, veut laisser de la liberté à son geste. Ainsi il nous propose une écriture reconnaissable parfois mais dans le fouillis, une sorte de contraste entre quelque chose de mort et quelquechose de vivant.

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delion ode 1961

Yvon Lambert a écrit dans le catalogue raisonné des oeuvres sur papier : De l’écriture, Twombly garde le geste, non le produit. Même si il est possible de consommer esthétiquement le résultat de son travail (ce qu’on appelle l’oeuvre, la toile), même si les productions de Twombly rejoignent (elles ne peuvent y échapper) une Histoire et une Théorie de l’Art, ce qui est montré , c’est un geste. Le geste devient un moyen pour susciter un résultat. L’artiste est par statut un opérateur de gestes qui va produire un effet ou non, voulu ou pas...

Simon Schama écrit : « J’ai toujours pensé que Twombly devrait être un verbe, si ce n’en est déjà un. Cela donnerait : " Twombly v. tr. - survoler pensivement une surface en traçant des lignes et des signes malicieusement évocateurs, et se poser par intervalles dans une effusion impétueuse." Ou alors, peut être, un substantif : "Twombly n.m - un trait qui n’en fait qu’à sa tête." » Cy Twombly se sert d’une écriture automatique, il pose un trait et le laisse valser sur le papier selon sa sensibilité, son tempérament du jour. Il crée ainsi une sorte de langage qui raconte une histoire transcendantale.

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apollo 1975

Des formes d’écriture se retrouvent partout dans l’histoire... sur les murs des pyramides, dans les grottes préhistoriques, sur les rochers du désert, sur les murs de nos villes... et c’est justement sur un mur abîmé que Cy Tombly a commencé à utiliser l’écriture, traçant une sorte de graffiti. Et il remarque que des lettres se forment, des mots.... qui font signe.

Twombly déconstruit l’écriture... les lettres formées ne font plus partie d’aucun code graphique en vue d’atteindre une sorte de texture graphique.

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untitled 2001

Si l’on prend la définition d’écrire, à savoir : tracer les signes d’un système d’écriture, les assembler pour représenter la parole ou la pensée, on peut assimiler la peinture à une écriture où la touche utilisée serait l’équivalent des mots.

Lorsque j’ai découvert Cy Tombly à Beaubourg en 2004, j’ai voulu travailler un peu sur le principe de l’écriture automatique... J’ai été très sensible à certaines oeuvres de Cy Tombly sur la couleur et les traits qu’il met en place... la liberté qu’il laisse se développer...

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sans titre marion dufau
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sans titre marion dufau