Krzysztof Wodiczko

Né en 1943 à Varsovie, Krzysztof Wodiczko est diplômé en 1968 de l’Université de Design de l’Académie des Beaux Arts de Varsovie. Il a travaillé en tant que designer industriel de 1968-1970. En 1969, il cré a Personal Instrument, une performance urbaine. En 1970 et 1977, il travailla comme designer industriel pour l’Entreprise d’Optique polonaise à Varsovie. En 1971, il commença son travail sur les Vehicle (les vehicules), dont le premier a été testé à Varsovie. En 1977, il émigre vers le Canada, à Toronto, où il commença en 1980, à développer ses idées de projections dans l’espace urbain. Depuis 1983, il a vecu à New York, où il a continué à développer ses instruments d’"intervention publique". Actuellement, Wodiczko est partagé entre New York et Cambridge, Massachussett, où il est directeur de l’ACT (the Center of Art, Culture, and Technology) au MIT. Representé par la Galerie Lelong, il a exposé dans les musée et galleries du monde entier, en passant par la majeur partie des biennales. Il est un des artistes polonais le plus reconnu.

Krzysztof Wodiczko, désolé par ce monde individualiste qui oublie un peu trop les souffrances que notre monde a connu et connaît encore, par son art conceptuel, lutte pour la résistance à l’oublie, et favorise la communication et l’« Autre » qui fait référence aux oubliés, c’est à dire aussi bien aux victimes des horreurs du passé, qu’aux marginaux, les immigrés, les Sans Domicile Fixe, etc... Pour cela , il n’hésite pas à faire les choses en grand, et projette des images sur des immeubles, des monuments ; il va vers le public ( notament avec Vehicle (1980’s), Alien Staff (1992), Porte-Parole (1994), Aegis (2000), ou ancore Dis-Armor (1999 à nos jours))et l’attire en agissant directement sur les lieux, dans villes du mondes entiers. Il travaille avec de "vrais personnes" (pas des acteurs), elles sont plus aptes à montrer le véritable monde dans lequel nous vivons. Il travaille sur des lieux évocateurs en choisissant bien des monuments reflétant la mémoire collective et historique : édifice gouvernemental, religieux, .... L’art de Wodiczko est tourné vers l’affirmation de la vérité et de la justice. Ses intentions sont quelque peu utopique, mais elles ont surtout pour but de faire réfléchir les spectateurs sur notre société d’aujourd’hui.

LES OEUVRES

Homeless Vehicle (1988-89) Cette oeuvre a été commencé en 1971. Des véhicules pour les sans-abris, non pas pour leur besoins "matériels", mais pour leur apporter le pouvoir d’une présence publique, ainsi que le droit à la parole, le pouvoir d’exister et de survivre si ce n’est qu’à travers le titre.

Projections (1980’s) C’est avec ces interventions qu’il se fit reconnaître.Il en réalisa 70, evoquant aussi bien l’histoire que la politique, ou l’être humain même. C’est très précisément avec ce travail que nous pouvons bien comprendre l’engagement social de Wodiczko. Projetées sur de gigantesques buildings, la foule s’amasse et l’espace se transforme alors en mémorial. Avec Speaking Flame également on retrouve les mêmes objectifs de l’artiste : des videos d’individus projetées sur des murs de brique, ils s’élèvent plus haut que la foule pour murmurer quelques témoignages de guerres, le son de la voix ne peut être entendu que si on s’approche tout près du mur, que s’y on se met au pied de la victime de guerre, et ainsi on asiste à un recueil émouvant. Ou encore avec Tijuana projection, qui affiche, sur une paroi énorme mais qui paraît d’un coup trop étroite, des visages d’individus inconnus racontant aussi leurs malheurs. Ces visage dominent la foule, ils donnent l’impression d’être devenu l’Autorité du peuple !

Alien Staff (1992-93) Le Baton de l’Etranger. Un petit clin d’oeil aux immigrés, eux aussi marginalisés. Wodiczko VEUT les entendre ceux qui n’osent parler et il leur donne l’occasion de le faire en les abordant dans la rue avec ces batons surmontés d’un écran affichant leurs visages. Il détourne l’espace médiatique pour donner une image, une identité à ces sans-papiers ! Il leur offre une double présence dans l’espace publique, en tant qu’image médiatique et corps réel.

Dis-armor (1999 à aujourd’hui) Cet instrument a été presenté pour la première fois à Hiroshima. Il fait bien sûr référence à la bombe nucléaire A . Encore Wodiczko propose un myen d’amener la paix dans le monde ou du moins d’y croire ! D’ailleurs en 1998 il lui est attribué le International Hiroshima Art Prize pour sa contribution pour la paix dans le monde.

"If you see something..." Pour réponddre aux attentats du 11Septembre il réalisa des projections de silhouettes sur des vitres, avec en "musique" de fond des témoignage de quelques acteurs de l’attentat et de la guerre en Irak : victimes ou soldats Américains, ou encore des assassins,... qui racontent leur honte, leur insensibilité, leur souffrance ou autre. On a presque l’impression de se trouver dans un confessional ! Encore une oeuvre qui donne à réfléchir car le spectateur se demande alors qui se cache derriere les silhouettes.

Si j’ai choisi cet artiste c’est d’abord parce que je voulais absolument travailler sur l’art et la démocratie. Wodiczko, je pense, est un bon exemple. Ses oeuvres on une véritable profondeur sociale, avec son art il nous incite à regarder autours de nous, les autres. Ses oeuvres sont proches du spectateur mais en même temps il cré une distance pour nous laisser réfléchir, comme avec le mur qui malgré tout ne sert pas seulement de support aux projections mais de limite aussi. Il ne réalise pas tous ces instruments pour inventer de nouveaux objets quotidien, mais pour nous donner à réfléchir... Pour moi, son geste est donc d’aller vers l’Autres en lui tendant un bâton, un caddie (Homeless vehicle), une parole, une image,...

citation : "What are our cities ? Are they environments that are trying to say something to us ? Are they environments in which we communicate with each other ? Or are they perhaps the environments of things that we don’t see, of silences, of the voices which we don’t, or would rather not, hear. The place of all of those back alleys where perhaps the real public space is, where the experiences of which we should be speaking, where voices that we should be listening to, are hidden in the shadows of monuments and memorials"