Gina Pane

Gina pane

Gina pane (1939-1990) parmi Michel Journiac, Egon Schiele ou encore D.ppenheim est une artiste qui s’inscrit dans le mouvement de l’art corporel : le Body Art, dans lequel le corps humain, généralement celui de l’artiste constitue l’œuvre d’art ou le médium de l’expression artistique. Né dans l’art occidental à la fin des années soixante, ce mouvement reflète une nouvelle conscience culturelle du corps humain qui se manifestait dans la liberté sexuelle, les thérapies de groupe et l’étude scientifique du langage corporel. En effet suite à la libération sexuelle des années 1960 le corps est devenu sujet central de travail pour un grand nombre de plasticiens. Les artistes mettent en scène leur propre corps dans des spectacles qui virent à la démonstration, ou masochisme. Pour les artistes du Body Art comme Gina Pane, la violence, l’agressivité, la douleur sont des moyens d’obliger le spectateur à réagir. On ne peut observer ce « spectacle », sans se sentir impliquer dans la démarche prétendue de l’artiste. Dans les années 1970, l’art corporel agit souvent comme un faisceau d’action artistique, politique et parfois subversive. Cet art a repoussé les limites de la représentation, en suscitant les réactions négatives d’un public médusé. Gina pane met en scène un corps dans sa dimension à la fois ludique et fragile ou les violences qu’elle s’inflige sont destinées à susciter une communication avec la « psyché » profonde du spectateur. L’art corporel est désormais un médium identifié et couramment employé par les plasticiens contemporains, mais également dans d’autres occasions sociales ou l’impact est valorisé.

« J’ai travaillé un langage qui m’a donné des possibilités de penser l’art d’une façon nouvelle. Celui du corps, mon geste radical : le corps devenait le matériau et l’objet du discours. »

Gina pane exerce son geste sur son propre corps. Un corps dont elle inflige des blessures superficielles avec une lame de rasoir et exprime ainsi sa fragilité. Selon elle, elle se blesse mais ne se mutile pas. « Je me blesse mais ne me mutile jamais...La blessure ? Identifier, inscrire et repérer un certain malaise, elle est au centre » Dans sa performance « escalade anesthésié » elle escalade de haut en large sur un pant de mur de son atelier une échelle hérissée de pointes tranchantes. Elle s’est également entaillé le bout de la langue à la lame de rasoir et l’a utilisée comme pinceau pour « dessiner » avec son sang sur des feuilles de papier placées au sol. Laissant ainsi des traces d’un art gestuel. D’un point de vu psychologique et physique sont geste est fort, mais les conséquence ne sont pas moindres. Il n’est cependant pas sans intentions, en effet, l’exhibition, le fétichisme, le voyeurisme sont exposés dans des mises en scènes brutales où transparaît la fascination du morbide, le goût de la provocation et les références mystiques. Le corps, la chair, le sang font parties intégrantes de ce mouvement qu’est le Body art.

A travers le travail de Gina Pane on peut s’interroger sur les limites de ce mouvement. Rudolf Schwarzkogler, un artiste du Body Art à trouver la mort durant une de ses performances. Ces actions ne sont donc pas sans danger et de ce fait, jusqu’où peut on insinuer que c’est de l’art ? Quel est le prix qu’il faut payer pour pouvoir prétendre faire de l’art ? Ce n’est pas le simple geste du pinceau sur la toile mais véritablement celui de l’artiste sur son propre corps. Il me semble légitime qu’on se pose toutes ces questions, et qu’on est des craintes face au statut de l’art. Quand on voit de quoi était capable Gina pane, tout semble être imaginable, si une de ses performances constituée à se couper chaque doigts un a un ; aurait-on considéré ça comme de l’art ? Si son geste ,certes fort, aurait eu un sens on l’aurait considérer comme de l’art. En tant que témoin et spectateur, je serai la première à m’interroger sur ses intentions afin de comprendre son geste, si tenter qu’il y ait un sens, sachant pertinemment qu’il restera insignifiant. Si l’art consiste bien à rendre visible la nature profonde des choses, alors pourquoi pas, « c’est de l’art »...