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Quelques pistes historiques et caractéristiques esthético-artistiques de la Marche

En Marche

1. le mouvement de la marche

2. La marche comme médium, Faire trace dans le monde

3. Marcher avec l’autre


1. le mouvement de la marche

Etienne-Jules Marey : Marche de l’homme nu, 1895

Auguste Rodin, L’Homme qui marche 1907

Alberto Giacometti : L’homme qui marche (1947) La représentation d’Alberto Giacometti est celle d’un homme qui n’a pas été détruit par un siècle terrible, qui a encore un espoir et qui marche vers son destin : légèrement penché, il va droit devant lui... Mais on ne sait pas où : il pourrait croiser quelqu’un sans pour autant le voir. Cette attitude est récurrente chez Giacometti : ses personnages sont placés dans différents espaces, mais ne se rencontrent jamais. Cette "non-rencontre" dit la solitude de l’homme du XXe siècle. Alberto Giacometti, célèbre pour ses personnages filiformes, considérait avant tout l’homme debout comme un homme en marche, avec dignité et sensibilité.

Bruce Nauman, Walking in an exaggerated manner around the perimeter of a square, 1968 En marchant autour d’un square, il pouvait éprouver en personne le volume et les dimensions de ses sculptures, celles-ci traitant également du volume et de la disposition des objets dans l’espace.

Trisha Brown, Man Walking Down The Side Of A Building (1970) un danseur tenu par un harnais se déplaçant horizontalement sur un mur vertical.La chorégraphe créé un procédé qui permet aux danseurs de marcher perpendiculairement aux murs et de descendre le long d’une façade d’un immeuble. cette performance cherchera à perturber le sens de gravité du spectateur.

2. La marche comme médium

une première visite dada, saint Julien-le-pauvre, ( Printemps 1921) Première excursion et forme marchée de l’art et ready made urbain signé par la présence de Tzara, Breton.

Stanley Brouwn En 1960, c’était la volonté d’impliquer la participation de tout le monde dans l’élaboration d’une oeuvre qui incita stanley brouwn à placer la marche, le déplacement, les distances parcourues au centre de son art. Pour cela il annonça que toutes les boutiques de chaussures d’Amsterdam constituaient les lieux de son exposition. Pour l’exposition "Prospect 1969", il propose aux visiteurs de "marcher durant quelques instants de façon très consciente dans une certaine direction". A partir de 1972, il développe ses systèmes de représentation des mesures et distances pédestres par un système standardisé qu’il matérialise dans des casiers où se trouve inscrit sur chaque fiche une mesure (un millimètre) correspondant à une partie infime de la distance parcourue par un pas. Le total de toutes les fiches de un millimètre constitue la mesure de son pas. L’acte de marche est, pour cet artiste, le mouvement le plus banal qui soit, donc le plus apte à porter l’attention sur la dimension spatiale de l’oeuvre.

Richard Long : A line made by walking,1967 A walk of hour and four circles, 1972 L’artiste a parcouru à plusieurs reprises une ligne tracée sur une pelouse dans un champ du comté de Sommerset.cette performance (contrairement à celles des autres artistes) affirme l’absence du corps en performance.

Andre Cadere, L’usage de ses « bâtons » que l’artiste promène avec lui et qu’il expose de manière non programmée, selon son humeur. « De ce travail, on peut dire que je le produis et que je le montre, ceci étant le complément de cela. Le tout constituant une activité quotidienne et insaississable. » Les codes couleurs des fameux bâtons d’André Cadere, un artiste resté célèbre pour se déplacer constamment avec des bâtons de tailles variables composés de cylindres colorés. Chaque bâton est constitué d’une suite logique mathématique à laquelle Cadere ajoute une erreur.

Gabriel Orozco : Yielding stone, (pidra que cede), 1992 50cm de diamètre ( d’un poids égal au sein) que l’artiste pousse avec ses pieds, au gré de promenades dans NY. Ce qui fait de cette boule « l’autoportrait parfait de l’artiste en nomade ». La boule récolte les traces des trajet du flaneur, les marques du sol, les reste de la ville, Mémoire des déplacements, cette sphère archive en exprime la dimension temporelle dans la mesure où elle archive chaque promenade, où elle collectionne ce que le marcheur a foulé

Francis Alys Green line, 2004 Francis Alys : Walking ,2005

Erwin Wurm : Morning walk ,2001 Une sculpture de voyage : 5 dessins diffférents , 5 scénarios possibles pour une marche professionnelle et matinale, tout un programma a réaliser selon les indications de l’artiste.

3. Marcher avec l’autre

Abramovic &Ulay : The Lovers ,1988 Les artistes ont entamé leur marche séparément à chaque extrémités de la muraille de Chine. Ils étaient censés se rejoindre au milieu du parcours et se marier, geste qui aurait donné un caractère symbolique à la rencontre. Leur marche durera 3 mois

Aspect psychologique de la marche

Sophie Calle : La filature, 1981 Sophie Calle pour ce travail a demandé à sa mère d’engager un detective privé qui la suivrat dans les rues de Paris. Ainsi engagé, ce dernier ignorait suivre une personne qui détournait délibérément l’enquête sur elle-même. Au cours d’une journée de performance, l’artiste visitait des endroits qui évoquaient pour elle des souvenirs personnels. La performance terminé, l’artiste juxtaposa les photographies prises par le détectives tout au long de ces journées, les textes retranscrivant les filatures avec les notes rédigées par l’artiste ele-même à propos de ces expérience de marche.

Elle démontre l’impossibilité de décrire objectivement des actions simples comme marcher dans la rue

Vito Acconci : Following piece,1969 Du 3 au 25 octobre 1969, Acconci a suivi de façon obsessionnelle des piétons dans la rue, choisi au hasard de ses promenades .L’artiste dira à propos de cette performance avoir voulu « sortir de lui-même » ensuivant l’itinéraire de quelqu’un d’autre.

Marika Burhmann : Je voudrais rencontrer quelqu’un 1 & 2, Street wise 2 Marika Bühramnn ancre son travail dans l’échange qu’elle propose à tous ceux qui le désirent. En lien avec l’histoire de la performance et de l’art corporel les propositions de Marika Bührmann interrogent le corps et les relations qui peuvent s’établir entre les personnes, entre le désir et la difficulté de communiquer. Elle est représentée par la Galerie Alain Gutharc, Paris

A travers son projet ‘Je voudrais rencontrer quelqu’un(e)’ amorcé en 2001, elle propose au public de vivre des micro situations : rencontres silencieuses qui mettent en scène un geste, préalablement défini et inscrit dans le langage corporel de la vie quotidienne, dans un lieu public entre deux ou plusieurs personnes.

ici même : Ballade

« C’est une invitation au voyage » est proposée par le collectif grenoblois Ici Même à plus d’une vingtaine de personnes au 3bisf Chaque membre du collectif prenait alors en charge, 1 ou 2 personnes qui , devaient s’en remettre à l’autre et se laisser guider. Une flânerie aveugle commence et durera presque 1heure. Tantôt debout, en marche, parfois assis, chacun découvre le paysage urbain par les sons qu’il produit, au mileieu de la durée d’une proximité avec l’autre.

Michal Rovner : Time left (installation) 2002

D’autres exemples de dispositifs plu contemporains sont développés dans un autre article de la rubrique, ainsi que dans celle de la danse.